Une carte ouvre une rencontre, elle ne certifie pas une identité

La carte de vœux augmentée de l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) l’illustre. Après avoir suivi les instructions, le visiteur ouvre l’application Real Illusions et vise l’image imprimée pour découvrir l’orchestre en réalité augmentée. La carte ouvre une expression numérique.

C’est dans ce sens que s’inscrit icolocard® : un support physique auquel peuvent se joindre texte, animation ou contenu 3D. Il peut servir les messages personnels, les organisations ou les collectionneurs. Il ne constitue cependant ni un justificatif d’identité ni la preuve que tout ce qui se trouve derrière la carte est authentique. Une porte d’entrée, oui ; une garantie, non.

Un livre conserve un contexte que le lien seul ne suffit pas à porter

Avec icolobook©, l’objet éditorial reste entre les mains du lecteur tandis qu’il peut donner accès au son, à l’image ou à un contenu spatial. Le catalogue publié mentionne notamment Fantaisie romantique sur deux mélodies suisses, ainsi qu’un titre d’art associé à Florence Gétreau et à Citadelles & Mazenod. Ces références nommées permettent d’identifier une œuvre, ses contributeurs et son éditeur.

La description technologique publiée présente cinq couches envisagées : reconnaissance visuelle des pages augmentées, certification du contenu par blockchain, diffusion de médias, informatique spatiale et analytique éditeur. Cette architecture annoncée n’est pas un audit indépendant de chaque édition. Un enregistrement en chaîne peut aider à établir qu’un fichier ou une déclaration n’a pas changé depuis sa certification ; il ne prouve pas, à lui seul, le consentement d’un artiste, la véracité d’une information initiale ou l’accès durable à l’expérience. La traçabilité technique doit donc s’accompagner de la responsabilité d’un éditeur.

La présence d’un artiste commence par une personne réelle

icologram® désigne le protocole de Cybel’Art pour capter un artiste réel en 3D volumétrique et prolonger sa performance dans d’autres contextes. Il ne se définit pas comme un personnage généré par IA, un avatar assemblé à partir d’une ressemblance ou un deepfake. Philippe Entremont a participé à une captation documentée à la Salle de Musique de La Chaux-de-Fonds à la mi-novembre 2019. L’OSR a également documenté, sur sa page icologram®, la captation des gestes, visages et silences de ses musiciens en collaboration avec Cybel’Art.

Plus la présence numérique semble convaincante, plus il importe d’indiquer clairement quand, où et comment elle a été captée, qui en a approuvé l’usage, ce qui a été édité et ce que le public regarde réellement. La captation fournit une source réelle ; elle ne remplace pas cette chaîne de responsabilité.

Carte, livre et performance captée sont des possibilités complémentaires, non des promesses interchangeables. Elles ne doivent pas non plus être confondues avec Virtual Hall®, l’expérience distincte de performance immersive. Dans l’univers .icolo SA, l’enjeu est de relier un objet ou un média spatial à la personne, à l’œuvre et à l’institution qui en répondent. La confiance ne vient ni d’un logo, ni d’une inscription blockchain, ni d’une image réaliste : elle se construit lorsqu’un parcours permet d’obtenir des réponses directes et vérifiables.

Adaptation éditoriale de l’article de Pierluigi Christophe Orunesu, publié sur Substack le 6 octobre 2026. Lire l’article d’origine sur Substack