L’album peut-il conserver autre chose que le son ? Avec Henri Dès, Cybel’Art a exploré une réponse spatiale : enregistrer une performance en volume afin de la faire apparaître, à l’échelle, dans l’environnement de la personne qui la regarde. Cette démarche s’inscrit dans le travail autour de l’icologram®, une forme de contenu volumétrique destinée à la réalité augmentée.

Une performance captée, pas un personnage synthétique

La captation d’Henri Dès s’est déroulée à Grenoble les 2 et 3 novembre 2021. Dans un studio spécialisé, l’artiste a interprété quinze chansons de son répertoire devant un dispositif de caméras et de capteurs. Le résultat vise à préserver les gestes, le jeu de guitare et la présence scénique d’une interprétation précise, plutôt qu’à fabriquer un avatar.

Cette nuance est essentielle. Le projet repose sur l’enregistrement d’une performance réelle puis sur son rendu volumétrique ; il ne permet pas, à lui seul, de garantir l’authenticité de tout contenu numérique ni de formuler une promesse générale sur les technologies d’IA. Henri Dès avait souligné l’intérêt de pouvoir se voir « de tous les angles », comme une trace vivante de l’instant interprété.

De la scène à l’espace quotidien

L’application icologram® a été conçue comme le format de consultation en réalité augmentée de cette captation. Elle devait permettre de placer la performance dans un salon, un jardin ou une salle de classe, puis de changer de point de vue autour de l’artiste. Le projet s’appuie sur le moteur AR de Real Illusions, crédité pour ce déploiement professionnel.

La technologie reste au service d’un usage simple : se rapprocher pour observer un geste de guitare, tourner autour de la scène et retrouver une présence enregistrée dans son propre espace. Cette recherche rejoint l’approche de Cybel’Art en réalité augmentée et virtuelle : rendre des technologies complexes accessibles sans réduire l’expérience à leur démonstration technique.

Un album élargi, une disponibilité à distinguer

Le projet propose ainsi d’élargir la notion d’album au-delà du fichier audio : une œuvre musicale peut aussi être une performance spatiale, consultée dans un contexte phygital. La première mise à disposition documentée concerne « Le Beau Tambour », le 14 décembre 2023. Cette date ne signifie pas que les quinze chansons captées, ni d’autres extensions du projet, sont toutes disponibles.

La vision associée aujourd’hui à .icolo SA est plus large : imaginer des expériences où artistes et publics se rencontrent autrement grâce aux contenus volumétriques. Elle constitue une direction annoncée, distincte de ce qui est déjà documenté pour cette captation.

Article adapté de la publication originale de Pierluigi Christophe Orunesu sur Substack.

Adaptation éditoriale de l’article de Pierluigi Christophe Orunesu, publié sur Substack le 3 juillet 2026. Lire l’article d’origine sur Substack