Les médias synthétiques, les algorithmes génératifs et les deepfakes obligent aujourd’hui le secteur culturel à préciser ce qu’il entend par authenticité. Une représentation numérique peut-elle rester fidèle à la présence d’une personne ? C’est la question placée au centre de Verbier Festival TALKS 2025, auquel ont été annoncés Steve Roger, directeur général de l’Orchestre de la Suisse Romande, et Pierluigi Christophe Orunesu, fondateur de Cybel’Art.
Capturer plutôt que synthétiser
La réponse proposée par Cybel’Art s’inscrit dans sa signature, « We Humanize Digital. ». L’enjeu n’est pas d’affirmer qu’une image virtuelle est authentique par nature : il est de documenter une performance réelle au lieu d’en fabriquer une approximation. Le protocole icologram® repose ainsi sur une captation volumétrique d’un artiste. La présence restituée prend pour point de départ son jeu, ses gestes et ses expressions, dans l’espace.
Cette distinction importe face aux avatars générés à partir de jeux de données. Elle ne signifie pas que chaque étape technique serait dépourvue d’outils d’IA ; elle identifie simplement l’origine de la représentation : une performance enregistrée plutôt qu’un comportement simulé. La technologie n’efface donc pas la question du contexte, du consentement et de l’attribution. Elle invite à les traiter avec davantage de rigueur.
Une expérience immersive, sans remplacer le concert
Virtual Hall® illustre cette orientation dans un format immersif opérationnel. Pour le vingtième anniversaire du Verbier Festival Chamber Orchestra, Cybel’Art a proposé une expérience fondée sur la captation volumétrique de l’ensemble, afin de donner au public un point de vue au cœur de l’orchestre. L’intention n’est pas de substituer l’écran ou le casque à la salle de concert, mais d’ouvrir une autre relation de proximité avec une interprétation.
Le projet OSR Virtual Hall®, mené avec l’Orchestre de la Suisse Romande, crédite également Real Illusions. Il constitue un repère connexe pour réfléchir à ce que ces dispositifs peuvent apporter à la médiation musicale. D’autres réalisations sont à découvrir dans le portfolio de l’agence.
Faire de la confiance un sujet de création
Les TALKS de Verbier rappellent que l’avenir numérique de la musique ne se résume pas à une prouesse visuelle. Artistes, institutions et publics doivent pouvoir comprendre ce qui a été capté, par qui et dans quelles conditions une présence est présentée. C’est aussi le sens de l’approche de Cybel’Art, agence aux opportunités augmentées.
Virtual Hall® désigne ici un travail immersif concret. À l’inverse, l’ambition de « digital humanity » vérifiée portée dans l’écosystème de .icolo SA relève d’une vision annoncée ; elle ne vaut pas, à elle seule, comme promesse de certification ou de vérification automatisée déjà disponible. La question « le virtuel peut-il être authentique ? » demeure ainsi moins une réponse définitive qu’un critère : faire passer l’artiste et l’œuvre avant la simulation.
Adaptation éditoriale de l’article de Pierluigi Christophe Orunesu, publié sur Substack le 7 juillet 2026. Lire l’article d’origine sur Substack